2h00 du matin, -56°C, 10 500m au dessus de la Chine, dans un Boeing 777, nous sommes les rares passagers de la
China Eastern à rester éveillés. Nous sommes sur le retour...
Ipod sur les oreilles, nous repassons les musiques qui ont rythmées notre demi tour du monde... Et nous partons
chacun pour un voyage de l'intérieur... Un voyage de la pensée qui traverse les expériences que nous avons vécues pendant cette année 2010 hors du commun, et nous soulève des émotions à fleur de
peau, les yeux brillants, avec la conscience d'avoir vécus, sans doute, la plus intense année de notre existence...
Alors on se souvient des innombrables petits et grands moments qui ont jalonnés notre odyssée.
Comme ce petit déjeuner très étrange le 6 Janvier 2010, jour du départ. Prendre un petit déjeuner avant de partir
pour 1 an faire le tour du monde... c'est forcément un petit déjeuner très particulier
On se souvient du 3eme jour en Inde, fin de matinée Maria reviens à l'Eco Camp (notre guest house) à cloche pied,
aidée par un Indien du village... Incident de parapente qui entraînera un changement radical de notre itinéraire (dès le 3ème jour... ça commence bien
)


On se souvient de cette nuit à Chennaï (Madras) où la police a tambouriné violemment la porte de notre chambre à
3:30 du matin. Encore endormis mais vite réveillés, nous sommes restés un long moment à douter de l'authenticité de cette visite nocturne avant d'ouvrir la porte. Cette nuit c'était: comment
passer de 50 pulsations cardiaques à 180 en moins de 5 secondes
On se souvient d'un couché de soleil pourpre depuis la plage "numéro7'' d'Andaman Island, avec la surprise d'un
éléphant qui sort de la jungle juste derrière nous et arrive sur la plage pour prendre un bain... Cette plage ''7'' est reconnue pour être la plus belle plage d'Asie, nous confirmons: c'est un
trait d'union avec le paradis... (De la jungle qui se jette sur une plage de sable blanc de 3km de long, des perruches vertes fluo, des perroquets, un magnifique
lagon bleu turquoise et personne: une oeuvre d'art de la nature...)

On se souvient de cette femme agonisant sur un trottoir de Pondicherry. Atteinte de la lèpre, implorant de l'aide
dans l'indifférence totale des passants. Nous l'aidons à aller à l'hôpital... une goutte d'aide dans un océan de misère. Il y a des lieux où la vie est difficile à préserver...
On se souvient de GOA, mythique: des vols face à l'océan I'Indien au moment apaisant et coloré du couché de soleil, des côtes de boeufs entre amis chez l'Italien, de
l'atmosphère "sixties-hippie" qui y règne. Mais Goa, c'est plus notre truc, c'est pour les touristes et les ados à la recherche d'un flash d'ecstasy dans une des nombreuses soirées techno
organisées sur les plages.


Alors on fonce et on monte vers le Nord chercher un peu de fraîcheur et d'authentique. On se souvient, de notre
passage par New Dehli: l'enfer sur terre. Devant la gare routière nous attendions le bus proche de ces mômes shootés à la colle qui jouent avec des lames de rasoirs et des chiens enragés. Dans le
bus, de devoir mettre du baume du tigre sous les narines pour ne pas respirer ces odeurs épouvantables de poubelles, d'égouts à ciel ouvert et autres sources dont on ignore l'origine...
On se souvent de la ville du Dalaï Lama: Dharamsala dans le Nord de l'Inde. Les signes pleuvent, l'intuition coule,
les balades dans la montagne, le stage de bouddhisme de 6 jours en présence de His Holiness...


On se souvient, d'avoir volé sur les contreforts de l'Himalaya à l'arrivée du printemps, accompagnés
des odeurs de fleurs et de l'émergence de la nature qui sort de son sommeil d'hiver... enrouler des thermiques avec des vautours de 3m d'envergure à plus de 4000m d'altitude... Mais comment
définir de tels moments? Ça n'est pas sensé être possible de vivre de telles situations...


Assis dans cet avion qui nous ramène à notre point de départ, plongés dans notre aventure, balancés par les musiques de U2 et de bien être qui s'enchaînent sur notre Ipod commun, nous faisons
une pause pour reprendre notre souffle et vérifier si nous sommes bien en train de vivre la même chose... L'hôtesse nous sert un thé, un échange du regard qui en dit long sur notre introspection
et nous repartons sur le ''grand 8'' des émotions de notre délire post-voyage
On repart dans nos moments vécus, de notre arrivé difficile à Rishikesh (capitale mondiale du yoga): nuit blanche dans un bus, entorse de la cheville sur le toit du bus, 40 degrés à l'ombre, plus
une chambre de libre, pendant une fête surpeuplée spirituelle qui a lieu tous les 12 ans (la Kumbela). Bloqué dans cette ville piétonne, (un jour où je peux plus marcher
) qui grouille à l'Indienne, cad comme une
fourmilière à laquelle on aurait donner des coups de pieds et allumé le feux... Sans inspiration pour se sortir de ce moment délicat... et puis l'arrivé de Bablu et ses amis: ils nous ont
aidés, le cœur sur la main, n'attendant rien en retour, uniquement par fraternité : une leçon de vie, on se souviendra...
On se souvient des soirs à Rishikesh où des musiques envoûtantes sont diffusées dans toute la ville avec de puissantes enceintes rendant les lieux mystique. C'est le moment de déposer des bougies
sur des petits radeaux flottants et de les envoyer sur le fleuve sacré : Le Gange...
On se souvient aussi de ce réveil déstabilisant, Maria me demande pourquoi je fait du bruit, mais je ne répond pas, car je suis entrain de dormir...La situation me tire du sommeil, on se regarde
et nous pensons en une fraction de seconde: si c'est pas nous, qu'est ce qui peux bien faire ce bruit dans notre chambre... au pied du lit, un singe en train de dévaster nos sacs à la recherche
de nourriture. Nous bondissons sur le lit, faisant peur au singe qui se cabre et émet un bruit sourd d'agression en nous montrant ces canines démesurées!!!
On se souvient, de notre passage à pied de la frontière Inde-Nepal, ville mortellement oubliée par le reste du monde... On se sent aux confins de la planète, excités par le fait de traverser à
pied d'un pays à l'autre comme dans le bon vieux temps
avec la vue de "GOOD BYE INDIA,
WELCOME NEPALI!!"
De notre arrivée dans ce stage très particulier du Vipassana, pour 10 jours de maîtrise de l'esprit. De cette semaine bucolique passée dans les rues de Kathmandu.


Et notre départ pour le Tibet... Kathmandu, 2 heures du matin, nous n'avons pas dormis de la nuit tant l'orage et la
pluie dehors sont féroces. Après plusieurs heures de routes sinueuses à en vomir son ptit dej, nous arrivons au petit matin proche de la frontière avec le Tibet.
Problème:
un morceau de la montagne s'est littéralement dérobé: la route est barrée à plusieurs endroits sous des tonnes de roches...
Chance: c'est arrivé une heure avant notre passage. Nous n'osons pas imaginer si nous nous étions levés une heure plus tôt...La vie ne tient
qu'à 1 fil? ce jour là c'était à 1 heure 
On se revoit en train de porter nos sacs pour passer de l'autre coté de ces montagnes de gravats afin de trouver un autre moyen de transport et gagner la frontière...
On se souvient de notre entrée dans ce Tibet qui résonne en nous comme une "terra incognita", une terre éloignée, "untouched". C'était bien au delà de notre imagination. Le Tibet, c'est une autre
planète. Le Tibet, c'est vraiment la création à l'état pur. Une Terre dépourvue de tout: aucun végétal, aucun animal, pratiquement pas d'humain, c'est l’élément minéral qui domine...
Un plateau immense à plus de 4500m d'altitude entouré d'une chaîne de montagnes comportant les 14 sommets de la planète de plus de 8000m d'altitude: l'Himalaya.


Nous n'avons pas résisté à s'approcher au plus prés de CHOMOLUNGMA (Mont Everest pour les tibétains), en accédant en 4*4 par une piste lunaire au camp de base de l'Everest. Quelle atmosphère hors
du temps!


Arrivée à Lhassa, la capitale du Tibet, c'est le choc: Les Chinois ont propulsé le Tibet du passé au futur, en y amenant la technologie. (ils n'ont pas oublié de réduire à néant la culture
Tibétaine du Dalai Lama, par une oppression que nous avons vu lors de notre passage de quelques jours à Lhassa).
Dans le train le plus haut du monde, nous passons 50h avec un couple de chinois, pour rejoindre Shanghaï (où nous
avons passer 15 jours chez Greg et Emma). 50 heures, pour passer des extrêmes les plus aigus de la planète...

Toujours dans un état hypnotique, nous sommes l'un contre l'autre, dans un demi coma ouaté, bordé par les micro
secousses de l'avion. Un vieux film français sous titré en chinois passe sur les écrans, mais personne regarde, tout le monde dort... De notre coté, les yeux fermés, nous sommes devant notre
propre écran de cinéma intégré derrière nos paupières et le film de notre vie se déroule tout seul, ou plutôt il repasse mentalement une 2ème fois pour bien implanter jusque dans notre
ADN, les moments forts de ce demi tour du monde. L'avion continu son vol pour nous rapprocher de plus en plus de ce point de départ...
On replonge avec un plaisir non dissimulé dans les méandres de notre vécu et c'est des images de vols au dessus des grands canyons de la Chine du Nord qui arrivent et continuent ce film d'action
dont nous sommes les héros
Billy(Maria) et moi en train de voler côte à côte le long de falaises verticales de 1000m recouvertes d'un océan
végétal qui rend chacun de nos vols à l'état d'exploration. Ensuite, on se pose dans un champ de culture, près d'une route en pleine campagne, heureux, fier, confiant, avec ce sentiment de
liberté boosté par l'adrénaline. Un cocktail explosif qui anime l'envie de vivre. Une fois la voile pliée, sac sur le dos on commence à marcher le pouce tendu mais... faire du stop en Chine n'est
pas trop dans les coutumes :-) En revanche les chinois prennent plaisir à s'arrêter prendre 2 occidentaux qui viennent d'arriver par les airs au milieu de nul part.

La musique de l'IPod change, et c'est les images de la Thaïlande qui émergent tous azimuts pour progressivement
prendre forme vers une histoire qui nous fait doucement sourire...
Après nous être rapidement échappés des plages à touristes de Phuket, nous avons décidé de traverser Kao Sok, une des plus
anciennes forêts primaires du monde.Au milieu, un lac 6 fois plus grand que le lac d'Annecy, sur lequel nous organisons une petite virée de quelques jours à notre sauce, loin des circuits clef en
main.
Mais le début de cette aventure tourne rapidement dans le
stress. Un enchaînement de situations et de quiproquos nous mettent très mal à l'aise avec le Thaïlandais que nous avons trouvé pour nous mener par bateau sur ce lac immense. Nous avons bien cru
à un traquenard qui nous à poussé plusieurs fois à vouloir arrêter son pick up pour s'enfuir, ou encore sauter du bateau et nager jusqu'à la berge, ect... Ça s'est finalement bien terminé mais
une flamme de vigilance est née de cette histoire incongrue 
La Thaïlande à également fait l'objet d'un jeu: Partir de KO TAO, voyager chacun de son coté pendant 7 jours et se rejoindre de l'autre coté de la péninsule à KO PHI PHI. Maria est passée par
Riley, moi par Ko Lanta. Chacun à vécu son expérience, chacun à suivi son chemin.
C'est Ensuite la mystérieuse Bornéo qui nous a attirée vers un site mythique pour les plongeurs du monde entier:
SIPADAN, une île préservée, inhabitée dans la mer des Célèbes, découverte par notre commandant Cousteau national. Un tombant de 2000m de profondeur, SIPADAN c'est LE spot classé comme l'un
des 5 plus beaux sites de plongées au monde: des requins à profusion, des tortues géantes, 1 tornado d'un millier de barracudas tous les jours au même endroit, des bancs de Bumphead fish, des
murènes géantes ect...


Nous avions décidé de retourner sur cet endroit de la planète pour y réaliser notre brevet professionnel de plonger sur 1 mois.
Et on se souvient de cette nuit de départ depuis Bali (après avoir passé 10 jours avec nos amis de France Rémmyyy et Marie Line), devant le comptoir d'enregistrement. La veille de ce départ, un
mail du centre de plongé concernant le changement de tarif sur la formation nous refroidis. Une demi nuit dessus et le lendemain nous vivons cette étrange expérience d'aller jusqu'à un aéroport,
de faire la queue et au dernier moment de suivre ces impulsions de l'intuition qui nous disent de ne pas y aller...
Contentieux négocié, nous partons 3 jours plus tard et avons finalement passé 1 mois d'apprentissage sur cette plateforme pétrolière en pleine mer
reconvertie en hôtel-centre de plongée.
Nous avons ingurgité la totalité de l'encyclopédie de la plongée et en anglais svp! Réussis les 8 tests théoriques et l'ensemble des tests pratiques! Nos premières expériences de guide de
palanquées sont mémorable avec ces plongeurs chinois qui nagent à peu près aussi bien que ma grand mère...
L'avion fonce toujours dans la nuit glaciale pendant que bien au chaud un éclair jaillit de nos mémoires: entre les 2 phases Sipadan, c'est l'ascension et vol depuis le sommet du Mont
Kinabalu (4100m) à Bornéo qui refait surface!
C'est le mode expédition le plus aboutit et autonome depuis le début du voyage. On se souvient quelques mois plus tôt (dans un net café de Phi Phi Island) en parler comme un projet fou qu'on ne
réalisera jamais... Et puis on pose les premières actions pour faire l'ascension... Arrivés sur place on entre en contact avec des locaux. De fil en aiguille on rencontre les rares parapentistes
de Bornéo. Et puis tout s'enchaîne, on nous présente les sites du coin, on leur parle de notre projet de faire le Kinabalu et pourquoi pas emmener nos parapentes.... Les synchronicités arrivent,
on rencontre un des 7 pilotes à avoir fait le vol depuis le sommet.
On se souvient de ce RV dans un bar avec ce pilote qui nous fait un briefing passionné sur la montée, le moment idéal du décollage, l'endroit le plus favorable... On prend des notes et le
sentiment d'aller, pourquoi pas, au bout de cette idée folle nous gagne.
Avec l'aide de nos amis Malaisiens et de leur relations, nous recevons in extremis (ie, le matin même de l'ascension...), les multiples autorisations de vol (de la "DGAC locale"), et de décollage
(du parc naturel de Sabah).
Quelque jours plus tard, on se retrouve au sommet du Kinabalu après une longue ascension et nous assistons au plus beau levé de soleil de notre
vie. Nous laissons aller un sentiment qui nous arrache quelque larmes tant le spectacle de la nature est grandiose.
En revanche, les conditions sont trop fortes pour tenter de décoller. Un sensation désagréable nous subtilise ces
moments de bonheur et l'échec du vol le remplace... On ne laisse pas ce mauvais sentiment nous envahir et malgré les difficultés logistiques (porteurs, nourriture, refuge complet ect...) nous
improvisons de quoi passer une nuit de plus à 3500m afin de tenter à nouveau le sommet et surtout le vol le lendemain matin.
Et le lendemain matin, les conditions sont parfaites (Never Give up). On se souvient de ce moment particulier (oui, qu'on peux appeler la peur
) au moment de donner la première impulsion pour que la voile monte au dessus de la tête et de ce moment magique (oui, qu'on
peux appeler OUF
d'apesanteur créé par la portance de la voile. Les 800m de vertical en granite juste devant notre
''piste de décollage'' passent en dessous de nos pieds. Instant de vertige, d'adrénaline et d'émerveillement. On longe toute la face sud du Mont Kinabalu que l'on a mis si longtemps à
gravir. 45 minutes de vol et 2400m plus bas, nous nous retrouvons sur le green d'un golf pour atterrir et savourer cet instant de pur accomplissement.

Il y a tant d'autres moments qui montent mais c'est impossible de tous les retranscrire. (Kota Kinabalu et le Little Italy, Sandakan et la rencontre d'Asnawi, 3 jours sur la rivière d'Uncle Tan,
le combat de requin lors d'une plongée envoutante, le bateau de nuit sur la rivière, le foot avec le personnel d'une guest house, ect ect ect c'est infini...)
Les derniers que nous nous offrons dans cette odyssée de l'esprit, toujours assis dans ce Boeing 777 avec U2 dans les oreilles, c'est l'Australie.
D'abord on se souvient de notre arrivée difficile sur cette terre promise que nous attendions avec fièvre depuis notre enfance. Arrivée difficile car la facilité de voyager dans les pays d'Asie
s'efface contre les conditions plus compliquées des pays industrialisés. Les principales sont: moins d'aide des populations locales, l'absence de facilité des transports en commun et le
cout de la vie multiplié par 20...
Nos scénarios de ''trip australien'' prennent une douche froide. Immédiatement la réalité de ce genre de pays nous rattrape. On se souvient notre arrivé à Perth avec nos 2 gros sacs à dos avec
une seule nuit réservée par internet comme seul préparatif. Force est de constaté que nous avons perdue la facilité de voyager de l'Asie au profit du niveau d'engagement plus élitiste de
l'Australie. $100 la nuit, c'est le moins cher qu'on puisse trouver sur internet pour une simple auberge de jeunesse (jusque $300 la nuit dans une tente en plein Outback...) Finis les petites
guest house sympas et pleines de charme pour moins de 7€, finis les bond restos aux saveurs de cocos et d'épices pour moins de 5€ à 2. Ici c'est plus cher qu'en France, on voyage pas plusieurs
mois sans en subir des effets sensibles et rapides sur le budget. Un plan d'action visant à s'adapter à ces nouvelles conditions s'impose. L'objectif est de se rendre le plus autonome possible
sur nos 3 postes de coûts les plus importants dans ce pays:
1. L'hébergement estimé à $4000/mois,
2. l'alimentation: cout des restaurants du type France,
3. tout en étant le plus mobile possible sur ce territoire grand comme 17 fois la France: le transport.
Alors on se souvient des jours passés à chercher la meilleure solution pendant que Perth nous fait fondre le budget comme une belle motte de beurre qui vient d'atterir sur Vénus! Il fallait faire
vite mais prendre le temps de trouver les bonnes options pour ne pas se traîner des casseroles sur tout le trajet ou à la fin (du type: la revente). L'Australie étant un pays d'aventure, de
désert et de pistes, on prend l'option, à l'encontre de la plupart des routards, de prendre un grand 4*4 hors de prix au détriment des vieux VAN qu'on trouve partout en donnant un coup de pied
dans une poubelle... On se souvient de Serge, une rencontre fortuite dans un resto Koréen, qui anime notre rêve de 4*4 dans les grands espace de l'Outback, plutôt que faire les routes
classiques en VAN. Souvent dans ce voyage, il aura fallu les bonnes rencontres au bon moment pour décider d'un itinéraire hors du commun plutôt qu'un autre ''plus traditionnel''.
On se souvient des visites chez les particuliers, des garages dans toute la ville et alentours. On se souvient de Malkolm qui nous a vendu le 4*4 et aidé à l'équiper pour que l'on soit autonome
et en sécurité (lit, frigo, réserve d'eau, d'éssence, nourriture, radio UHF, compresseur ect...)
On se souvient de la bataille pour faire venir de France le paramoteur bi place, des déclarations aux douanes, des
transporteurs ect...
On se souvient ce jour de départ de Perth: 2 doigts coupés en chargeant notre vaisseau, 2 fois aux urgences de l'hôpital pour les recoudre... 
On se souvient de ma cheville qui casse le lendemain. Une grande tempête de malchance s'abat sur nous?
On se souvient comme on s'est caché de cette tempête à 100km au nord de Perth pendant quelques jours, sans bouger:
juste nous, manger, dormir et attendre un peu que ça se calme, que je puisse marcher et qu'on puisse enfin repartir...
On se souvient de Billy aux
commandes de notre vaisseau baptisé Alphonse, en train de rouler cet énorme Land Cruiser sur les pistes du Bush. De ce premier vrai trip sur les pistes de sable rouge de la réserve naturelle du
Parc Perron. De ce premier levé de soleil au milieu ou plutôt au bout du monde: les couleurs, l'endroit inaccessible qui rend l'expérience tellement particulière. Et toujours U2 qui nous
accompagne et qui sublime ces moments d'aventure. Ca y est la chance est de retrour et nous accompagne.
On se souvient de nos premiers campements "Into the Wild". De notre première bouteille de vin débouchée au milieu de
nul part, seul et loin du monde moderne, admirant le couché de soleil sur la terre rouge d'Australie.

On se souvient de notre vol en paramoteur depuis la plage de Cable beach à Broome...
Oui ces moments ont été vécus, on a du mal à le croire. Nous petits terriens des villes, anciennement habités
par notre zone de confort du monde moderne, on s'adapte pour se retrouver à habiter dans un 4*4 et vivre en pleine autonomie dans les grands espaces de l'Australie de l'Ouest! Mais qu'est ce qui
peux bien nous arrêter maintenant? Le sentiment de confiance domine.
On se souvient des moments drôles (après coup) de cette soirée où nous arrivons trop tard pour installer notre camp.
La nuit est déjà tombée, l'installation du camp est plus difficile. Mais lorsque des lueurs sortent de nulle part et s'approchent de nous, tous les films d'horreurs qu'on a pu voir dans notre
jeunesse remontent à la surface!! On se voit encore remballer en un éclair notre camp en jetant tout dans le 4*4 et déguerpir le plus vite possible dans un nuage de poussière, accélérateur à
fond
On ne connaîtra jamais la nature de ces 3 lampes frontales qui surgirent du fond de la nuit, en plein
outback...
On se souvient des parcs naturels de Ningaloo, du Karijini et du Kimberley, des gorges et des longues randos où on
se prenait pour Indiana Jones. L'Australie c'est pas du voyage c'est de l'aventure!


Ensuite c'est la longue route de 4500km qui traverse ce continent et nous ramène du coté civilisé de l'Australie: La cote Est... Brisbane, Manilla, Melbourne. On se souvient d'une longue
réflexion et de la difficile décision d'écourter notre aventure pour rentrer préparer un nouveau projet. Amérique Latine, nous sommes triste de ne pas tenir notre RV mais nous ne te verrons pas
cette fois ci...
On se souvient de nos démarches pour tout revendre (Paramoteur, parapente, 4*4 ect...). Entre l'investissement ($25 000) et la revente de tout notre matériel, nos 4 mois en Australie nous aura
seulement couté $1 500 pour la seule logistique. Haaa dommage, le budget revient déjà en priorité alors que nous ne sommes pas encore rentrés... Mais la réalité de nos nouveaux projets nous
rattrape. Les rêves ne se construisent pas uniquement avec la pensée
On repense à cette dernière virée avec nos amis Janusz et Marie
au concert de U2 à Melbourne et ...
15 jours après cette difficile décision, dans cet avion, le jour se lève tout doucement et sonne le retour
imminent à notre point de départ... il y a 1 an... un mélange de mélancolie de savoir que cette année hors norme est terminée et de bonheur de l'avoir vécue.
Les sentiments et les idées se brouillent. La nuit blanche et notre trip des souvenirs nous ont consumés nos
dernières gouttes d'énergie.
Depuis les hublots il n'y a pas de doute, les paysages froids recouvert de neige d'Europe nous font ressentir
que notre style de vie et notre quotidien de voyageur nomade s'arrête là. Place au retour de flamme d'une telle expérience. Il va falloir serrer les dents et dépasser cette mauvaise étape qui
s'annonce.
Mais avec des idées et des projets en tête...
Après un début d'année en France, une autre partie de la planète qui nous
attire sera le terrain de jeux d'une nouvelle expérience qui verra sans doute le jour d'ici l'été...
To be continued
PS: nous remercions, du fond du coeur,
les nombreux lecteurs (amis, familles et inconnus) qui nous ont suivis, soutenus et adressés de beaux messages tout au long de cette année retranscrite, de temps en temps, dans ce
blog...


